|
LES POURPRÉES
(à ma fille Cendrine)
Arrivent
les jours de soleil radieux,
Gelées blanches et matins brumeux,
La neige dégouline et fond la glace.
L'hiver interminable quitte la place.
Comme une gamine, allègrement,
Sous le toit du petit cabanon,
J'installe mes nichoirs solidement
À l'abri des chats des environs.
Chaque matin, anxieuse, je les guette,
Scrutant le ciel, je les espère
Le rendez-vous et pourtant fixé!
Impossible pour moi de les manquer.
À l'aurore arrivent les premières,
Je renaîs de les voir, elles m'émerveillent.
Elles batifolent dans le firmament...
Cette année le printemps sera clément.
Elles se pourchassent dans la futaie
Qu'elles explorent tels des farfadets.
Dans l'azur, pirouettes et haute-voltige...
Seigneur, elles me donnent le vertige.
Des jours pluvieux refont surface
Le moineaux sont déjà dans la place,
Engeance maudite ces petits malins
je les chasse des logis, soir et matin.
Ils ont osé, les petits voleurs!
Massacrante est mon humeur.
Au balai je les approche...raté.
Pas de quartier aux voyous. J'ai juré.
Mon coeur indigné se révolte
Ils sont quatre ligués; mes efforts multipliés,
Mise en échec par des gavrouches,
Des troubleurs de fête... Maudites bestioles!
Du fil, une envolée de pourprées
Plonge en piqué sur les locataires
Mon Dieux la guerre est déclarée!
Afflue la parenté... Fuient les adversaires.
Je m'éloigne. Les pourprées sont déchaînées.
À l'aube, à la fenêtre je pointe mon nez
Elles sont là, toutes, sur les fils,
Vibrante harmonie de mon jardin fleuri.
Un couple, quel splendide spectacle!
Trâce dans le ciel des traînées musicales.
Dans vos gîtes vaillamment retrouvés
Préparez vos nichées mes belles pourprées.
Nicole Huemer (Canada)
|